Pour tous ceux qui souhaitent des exemples concrets du caractère du bobtail, voici quelques anecdotes sur mes chiens.
Gaufrette était une chienne intelligente, douce, mais têtue comme une mule (comme beaucoup de bobtails).
Peu de temps après son arrivée à la maison, nous avons été adoptés par un chat errant. Le chat et la chienne sont devenus inséparables : ils dormaient dans le même panier, mangeaient dans la même gamelle….Un jour, le chat (qui était adulte), a visiblement décidé qu’il était grand temps de faire l’éducation de Gaufrette. Il lui a ramené une souris vivante. Il lui la mettait sous le nez et la lâchait. Un chiot bobtail, c’est plutôt pataud. Donc, le temps que la chienne lève la patte pour la poser sur la souris, il y avait beau temps que celle-ci s’était enfuie. Le chat allait la récupérer et la ramenait à Gaufrette. Ça a duré je ne sais combien de temps, jusqu’à ce qu’on prenne pitié de la souris et qu’on sépare tout ce beau monde.
Quand Gaufrette a eu un an et demi, Hiver est arrivée à la maison. Lorsque nous sommes allés la chercher en Normandie, nous avons bien sûr emmené Gaufrette qui semblait persuadée que c’était une balade comme une autre. Quand nous avons mis la petite dans le coffre à ses cotés, Mademoiselle nous a fait une véritable crise de désapprobation. En plus, Hiver, qui était encore un bébé, a fait une crotte dans la voiture. Crime de lèse majesté ! Gaufrette s’est assise au fond du coffre, nous tournant le dos malgré nos appels. Ça a bien duré deux ou trois heures.



Tadhg : (de son vrai surnom Tadhg Mor) : c’est un cadeau de la vie. Il est né à Prague, en Tchéquie, un peu loin de l’Auvergne. Je pense sincèrement que j’ai eu une grande chance de pouvoir acheter ce chien. . D’abord, c’est un beau chien, mais surtout, il a un caractère…. Fantastique ! C’est un chien qui est aux antipodes de l’agressivité, mais néanmoins courageux.
Quand il avait environ un an, lors d’une balade en forêt avec Gaufrette et lui, nous avons trouvé un sol « labouré », témoignage de la présence de sangliers. Tadhg s’est immédiatement mis à fourrager là dedans. En suivant des odeurs, il s’est un peu éloigné de nous. Au bout de quelques minutes, j’ai entendu « grogner » un sanglier. C’était au début de l’été, et je pense qu’il avait dérangé une laie et ses marcassins. Comme j’aime bien les sangliers, mais pas de trop prés, j’ai appelé le chien (qui n’est pas venu), et je me suis éloignée, suivie par Gaufrette qui partageait totalement mon avis. Et tout à coup, on a vu Tadhg passer comme une flèche. Il s’était fait charger par la laie, qui heureusement, s’était contentée de lui faire peur.
Il y a quelques temps, nous sommes allés passer les vacances de Toussaint à l’Ile d’Oléron. Tadhg y a eu une révélation ; les cerfs volants. Il a passé la semaine le nez en l’air !
Enfin, ma meilleure anecdote pour ce chien. Dans mon village, les jeunes font encore les « conscrits ». La veille de la fête patronale, ils passent dans toutes les maisons pour vendre des morceaux de brioche. Ils arrivent avec des tracteurs et des remorques décorés (et oui, nous vivons à la campagne), en faisant un bruit d’enfer (sifflets, cris…). Lorsqu’ils sont passés, les chiens ont eu très peur (même Dickens qui est un vrai matamore). Tadhg aussi a eu vraiment peur. Mais il a pensé que « ses » femelles étaient menacées, et pendant que les chiennes allaient se cacher au fin fond de la maison, il est allé vers le portail (où il y avait déjà des conscrits) et a fait pipi sur un des piliers. Le courage, ce n’est pas être inconscient, c’est surmonter sa peur. J’ai trouvé ça tellement bien, qu’il eu 90% du morceau de brioche !
Dickens : Elle aussi est adorable, mais elle est très exclusive. Pour elle (comme pour Hiver), je ne suis pas le centre de l’univers, je suis l’univers. Elle se laisse caresser par tout le monde et en est ravie, mais ce n’est pas ce qui lui importe. Elle veut simplement être proche de moi.
Un exemple concret : En 2007, l’Euro OES show (l’Européenne du Bobtail) a eu lieu en France à Gérardmer. Dickens et moi y sommes allées. La chienne était inscrite pour participer à l’expo, et moi je m’étais engagée à tenir la boutique du Bobtail Club de France. En attendant le moment de la toiletter, comme j’étais occupée à la boutique, je l’avais mise dans une cage à trois mètres de moi. Dés leur plus jeune âge, mes chiens sont habitués aux expos, donc, très rapidement, ils n’ont plus peur. Dickens n’était pas effrayée, mais elle n’était pas avec moi. Elle a résolu le problème : elle a déchiré la cage ! (En tissus pourtant solide). Mis à part son temps de toilettage et son passage sur le ring, elle a passé le journée couchée sous une des tables de la boutique, elle n’a pas bougé et a été adorable avec toute personne voulant lui faire un câlin. Elle avait eu ce qu’elle voulait, et la cage est partie à la poubelle.
Et ma youyoute Moragh ? C’est encore un bébé, et je n’ai pas encore vraiment d’anecdotes à son sujet. Pour l’instant, sa principale préoccupation est de jouer, jouer et encore jouer ! Sa maxime préférée ? Carpe diem quam minimum credula postero ! Et je l’y encourage !
Deux jours après, elle ne pouvait plus se passer d’Hiver.
Nous avons passé quelques années en Alsace, mais nous revenions régulièrement en Auvergne (ou ailleurs). Quand Gaufrette me voyait charger la voiture, elle allait systématiquement chercher son ballon qu’elle mettait dans le coffre. Les bagages étaient faits, nous pouvions partir !
Enfin, pour en terminer avec Gaufrette, nous avons passé quelques temps chez une personne âgée qui m’était très proche et qui ne pouvait plus vivre seule. Tous les soirs, lorsqu’elle était couchée, Gaufrette posait la tête sur son lit et attendait sa caresse, sans bouger. C’était sa manière de dire bonne nuit.
Hiver portait ce surnom car nous sommes allés la chercher un 21 décembre. Mon compagnon voulait l’appeler Karénine (le nom du chien dans « l’insoutenable légèreté de l’être » de Kundera). Je n’ai pas voulu car Karénine meurt d’un cancer. Hiver est morte d’un cancer.
Hiver était une chienne adorable, mais qui n’a jamais eu la douceur de Gaufrette. Elle était plutôt du genre « char d’assaut ».
Elle est donc arrivée à la maison le 21 décembre. Chez moi, il est de tradition qu’entre Noël et le nouvel an, les pompiers « passent » les calendriers. Le jour où ils sont venus, ma petite chienne qui devait peser 8 ou 9 kg, me croyant menacée, les a attaqués ! Ne croyez pas qu’elle était agressive, ça n’était absolument pas le cas, mais elle et Gaufrette s’étaient données pour tâche de me protéger chaque fois qu’elles le jugeaient utile.
Quand je suis allée signer le crédit pour l’achat de ma maison, j’avais emmené les deux chiennes, persuadée que je pourrai les laisser dans la voiture le peu de temps que je devais passer à la banque. Manque de chance, c’était jour de marché, il y avait un monde fou, et je n’ai pu me garer que loin de la banque. Comme je suis un peu parano avec mes chiens et que, lorsque je suis en ville, j’ai toujours peur qu’on me les vole, j’ai décidé de les emmener avec moi. Quand nous sommes entrées dans le bureau de la banque pour signer les papiers, Hiver ne s’est pas posée de questions. Une pièce inconnue avec une table au milieu : on ne pouvait être que chez un vétérinaire (il faut dire à sa décharge qu’elle avait des problèmes de santé et qu’elle voyait nombre de spécialistes). Comme c’était une gentille chienne, elle a sauté sur le bureau pour qu’on puisse l’examiner. Ils doivent encore s’en souvenir à la banque !
Gaufrette et Hiver ne sont plus là aujourd’hui. Gaufrette est morte à 14 ans d’une rupture d’anévrisme, Hiver d’un cancer à 9 ans, et ce malgré des opérations et un traitement qui lui ont permis de BIEN vivre six mois de plus. Les deux chiennes ont été euthanasiées quand ça c’est révélé être la seule solution pour leur éviter de souffrir. Elles sont mortes dans mes bras. Je ne pense pas « gagatiser » avec mes chiens qui ont des droits mais aussi des interdits, mais je crois qu’être avec eux pour leurs derniers instants est quelque chose qu’on leur doit.



